Quand le Web 2.0 régresse
Le Web 2.0, fabuleux concept qui fait recette depuis un an ou deux. Les services web commençaient à ne plus être hype, il y avait urgence à réinventer ce qui existait déjà, mais en plus simple d’accès, plus facile, plus accessible et surtout, en plaçant l’internaute au coeur de l’intéraction avec le site Web.
C’est comme cela que l’on nous l’a vendu. Moi à l’époque j’étais d’une naïveté touchante, rendre les sites plus “users friendly”, c’était pas du luxe, et mettre l’être humain au centre du projet… quel concept attrayant en ces temps où l’on nous répète tous les jours que nous sommes opprimés, clientélisés, privatisés, par ces grands pontes du capital…
Mais là la sauce ne prend plus et le petit nuage se transforme lentement en douche froide.
Même Szarah déprime! Fichtre.
Certains dénoncent la spectaculaire régression (et le formidable foutage de gueule) de Wikio. Mais où est passé cet engouement de web participatif? Où les internautes sculptent les sites Web, et méritent bien les quelques miettes de retour qui leur sont dûs, pour leur travail. Là on a comme l’impression de s’être fait couillonner. En même temps ces gens ne nous devaient rien je pense… C’est pas comme si ils gagnaient de l’argent grâce au contenu que nous tous, artisans du web, pouvons promouvoir grâce à eux. Ah si c’est le cas… Il faut monétiser, rentabiliser son site bien sûr, personne ne travaille pour rien (moi le premier). Mais, ce revirement de situation, cet emprisonnement du visiteur… Ce n’était pas prévu dans le contrat de départ.
Un site qui propose de copier des sites de rédacteurs Web (denrée rare et précieuse s’il en est) en s’en attribuant les mérites et en les monétisant pour son compte… Vive la technologie.
Et pendant ce temps là, d’autres se posent des questions sur les plateformes de propulsion de contenu (Fuzz):
Qui est responsable? Bla bla bla…
On se réveille tout doucement…
Et la goutte d’eau qui fait déborder le vase: le nouveau Netvibes (Ginger). Après avoir été contraint de passer à l’update, on me propose un service ridicule dont je ne me sers pas: partager mes flux RSS (pour quoi faire? c’est ma veille personnelle). On me propose encore et toujours de me socialiser, j’avoue que je ne sais plus où donner de la tête entre les Myspace, Facebook, Twitter, Netvibes… et que faire si j’ai des amis différents un peu partout éparpillés sur ces plateformes? Non franchement, je vais rester sur mon MSN old school, c’est plus pratique.
Et le meilleur pour la fin… Sur le nouveau Netvibes, il est impossible d’exporter ses flux RSS pour en faire des sauvegardes. Vous avez bien lu, j’ai environ 150 flux RSS, et si pour une obscure raison technique, ma page pête chez eux, je perds tout.
C’en est trop et j’ai pris la décision qui s’impose: je me fais la malle! Et au passage merci, se palucher 150 flux à remettre manuellement dans Google Reader, c’était une perte de temps dont je me serais bien passé un Dimanche!
Ras le bol!


mars 30th, 2008 at 16:32
Les gadgets éblouissants du Web 2.0 commencent à se ternir et chacun va reprendre le contrôle … de ce qu’il peut.
Choisir les propulseurs avec soin, accepter de monter plus lentement en puissance mais de manière plus durable.
Pour ma part, il y a déjà un certain temps que j’ai considéré que j’avais plus à perdre qu’à gagner dans les réseaux trop anonymes et que je privilégie les relations moins nombreuses certes mais mieux étayées et plus durables.
Ça va des annuaires aux communautés : il faut choisir où on accepte de laisser les traces de son identité numérique.
Ne pas se compromettre n’importe comment dans n’importe quelle promiscuité.
C’est un peu de maturité qui s’annonce, en tout cas pour les producteurs de contenu, qui sont les véritables acteurs du Web (comme tu le rappelles).
Et quand les éditeurs prennent conscience de leurs responsabilités, ça ne peut que renforcer leur impact, c’est un bon esprit qui commence à souffler
mars 31st, 2008 at 14:40
Bah, de toutes façons web2.0 = production par les consommateurs, non ?
..qui a dit qu’ils en retireraient un bénéfice substantiel ?
Mais le coup de la suppression de l’export OPML dans netvibes me laisse sans voix (quoique non sans sauvegarde, ouf !)
…ça c’est de la prise d’otages 2.0…
mars 31st, 2008 at 20:04
Tout à fait Szarah! Continuons à regarder tout ça on verra bien ce qui en résultera. Sur le web aussi, la sélection naturelle, c’est imparable
Florian> Tu m’étonnes, terme que je n’aime pas trop mais force est de constater que c’est effectivement le cas présentement.
Merci à vous 2 pour votre commentaire.
mars 31st, 2008 at 20:49
..d’où l’envie d’avoir des données “portables”!
http://isabellelopez.com/ce-que-jen-dis/data-protability-jen-reve
avril 1st, 2008 at 9:53
Beau coup de gueule contre un Web qui perd la boule
Ma “petite” justification de l’utilité de Ginger se trouve sur mon blog (et j’ai bien vu que tu l’avais commentée, merci pour ton intervention). L’utilité des outils sociaux dépend simplement de leur rôle dans l’e-reputation, et je préfère les utiliser avec mesure. Comme tu le dis si bien, on ne sait plus où donner de la tête avec la multiplication des réseaux. Mon mix privilégié (et qui me prend pas mal de temps !) : blog + LinkedIn & Viadeo + Facebook + Skype.
D’ailleurs je ne savais pas qu’il était impossible de récupérer ses flux depuis Ginger. Arf.
avril 1st, 2008 at 14:21
Je ne sais pas si c’est exactement le même cas, mais bon… au cas où!
http://descary.com/netvibes-reset-cache/
mai 5th, 2008 at 18:24
La fonctionnalité d’export existe toujours mais elle n’est pas facile à trouver : je suis tombé sur votre site cherchant de l’aide sur celle ci.
Il faut cliquer sur “Ajouter du contenu” puis “Ajouter un flux” puis sur le lien “Exporter”.
Ça ma rappelle un peu le “Démarrer” puis “Arrêter l’ordinateur…”.
mai 7th, 2008 at 17:16
Je ne le savais pas tiens jphi, merci pour la précision qui méritait d’être dite.
Ceci dit pour ma part il est trop tard, cela m’a fait découvrir le confort de Google Reader entre temps, peut être que je laisserai à nouveau sa chance à Netvibes un jour…
Merci pour le commentaire.
juin 8th, 2008 at 9:58
salut, sympa ton blog ! vraimentcagréable de lifre tes billets. pour en revenir à ce bilet, parfois certaines parenthèses en disent ien + que le reste de la phrae: “et le formidable foutage de gueule”